« Contre nature » de Cathy Galliègue…

Trois femmes.
Une prison.
Trois destins reliés par une même catharsis : l’écriture !

Un uppercut littéraire viscéral, carcéral, qui ne peut pas laisser indifférent.

« L’ennui comporte de belles pages de rien entièrement consacrées à la réflexion.»

« Il faut avec les mots de tout le monde écrire comme personne. »

©Céline Huet-Amchin

Note de l’éditeur (Seuil) : 

« Trois femmes sont incarcérées dans la même prison. C’est là, dans la bibliothèque du centre pénitentiaire, que Pascale, Vanessa et Leïla se rencontrent.

Captives de leur condition humaine et des préjugés, elles ont chacune une manière différente de vivre leur détention. Il y a celle qui se pose en redresseuse de torts, celle qui voudrait faire oublier le sort réservé à ses bébés, celle qui imagine que les livres les sauveront toutes les trois. Sensibiliser Vanessa à la lecture et vaincre les réticences de Pascale, tels sont les défis que se lance Leïla.

Alors qu’elles n’ont rien en commun, qu’elles ne cherchent pas l’amitié, la pratique cathartique de l’écriture va leur donner l’occasion d’établir une relation, d’évoquer la violence qui les a conduites à l’enfermement. »

« Liv Maria » de Julia Kerninon…

Liv Maria habite sur une île avec des parents aimants qui l’envoient à Berlin du jour au lendemain suite à un incident dont elle est victime. Cette destination ne sera pas la seule qu’elle connaîtra : tous les lieux qu’elle habitera et les hommes qu’elle rencontrera feront d’elle la femme qu’elle est devenue. 

Avec ce nouveau roman Julia Kerninon nous dresse un magnifique portrait de femme dont nous suivons le cheminement intérieur au fil des pages et des voyages. Elle nous questionne sur l’enfance, le deuil, le sexe, l’Amour, le destin, les secrets, la vie… Et comme toujours dans ses écrits, livres et Littérature tiennent une place de choix !

Liv Maria Christensen.
Retenez bien les nom et prénom de ce personnage : vous n’êtes pas prêts de l’oublier. 

Belle lecture à tous ! 

©Céline Huet-Amchin

Note de l’éditeur (éditions L’iconoclaste) : 

« Son nom est Liv Maria Christensen. Enfant solitaire née sur une île bretonne, entre une mère tenancière de café et un père marin norvégien. Envoyée subitement à Berlin à l’âge de 17 ans, elle tombe amoureuse de son professeur d’anglais. Le temps d’un été, elle apprend tout. Le plaisir des corps, l’intensité des échanges. Mais, à peine sortie de l’adolescence, elle a déjà perdu tous ses repères. Ses parents décèdent dans un accident, la voilà orpheline. Et le professeur d’été n’était peut-être qu’un mirage. Alors, Liv Maria s’invente pendant des années une existence libre en Amérique latine. Puis, par la grâce d’un nouvel amour, elle s’ancre dans une histoire de famille paisible, en Irlande. Deux fils viennent au monde. Mais Liv Maria reste une femme insaisissable, même pour ses proches. Comment se tenir là, dans cette vie, avec le souvenir de toutes celles d’avant ?

Julia Kerninon brosse le portrait éblouissant d’une femme marquée à vif par un secret inavouable. Et explore avec une grande justesse les détours de l’intime, les jeux de l’apparence et de la vérité. »

« Les aérostats » d’Amélie Nothomb…

Une jeune femme est engagée par un père de famille pour donner des cours particuliers de Français à son fils.

Nous pourrions considérer comme banal le sujet de cette histoire.
Mais lorsque c’est Amélie Nothomb, conteuse hors pair, qui s’en empare il devient génial d’autant plus avec une chute dont elle a le secret…

Attendue avec une régularité de métronome et/ou critiquée tous les ans à la rentrée de septembre, ferez-vous partie de celles et ceux qui résisteront ou qui succomberont aux aérostats ?

Un excellent cru pour les amoureux de l’écrivain. 
Pour les autres, n’hésitez pas à ne pas passer votre tour : les échanges littéraires entre les deux principaux protagonistes sont truculents. Ne serait-ce que pour cela il est à lire.

Belle lecture à tous ! 

©Céline Huet-Amchin

Note de l’éditeur (Albin Michel) : 

« La jeunesse est un talent, il faut des années pour l’acquérir. »

« Les choses humaines » de Karine Tuil…

Voici mon nouveau coup de coeur en tant que tueuse en série de livres infiltrée en librairie !

Jean et Claire Farel sont un couple très en vogue dans les sphères journalistique, politique et littéraire. Ils voient leur monde doré vasciller le jour où leur fils Alexandre va être accusé de viol…

Sur l’autel du pouvoir, des médias, du sexe, de l’argent, de l’ambition, de la perversion, des manipulations, des rapports de force, des arcanes judiciaires, de la condition sociale,etc. le lecteur suit avec une certaine forme d’addiction les personnages formidablement dépeints par Karine Tuil.

Au-delà de la trame romanesque, l’écrivain porte un regard précis, exigeant, sans concession, lucide et intelligent sur notre société et notre temps et continue ainsi de nous proposer une oeuvre contemporaine percutante.

©Céline Huet-Amchin

Note de l’éditeur (Gallimard) : 

« Les Farel forment un couple de pouvoir. Jean est un célèbre journaliste politique français; son épouse Claire est connue pour ses engagements féministes. Ensemble, ils ont un fils, étudiant dans une prestigieuse université américaine. Tout semble leur réussir. Mais une accusation de viol va faire vaciller cette parfaite construction sociale. 

Le sexe et la tentation du saccage, le sexe et son impulsion sauvage sont au cœur de ce roman puissant dans lequel Karine Tuil interroge le monde contemporain, démonte la mécanique impitoyable de la machine judiciaire et nous confronte à nos propres peurs. Car qui est à l’abri de se retrouver un jour pris dans cet engrenage ? »

« Les os des filles » de Line Papin…

Line Papin a 23 ans. 
Vous avez bien lu : 23 ans !
Et trois romans à son actif.

Si je n’ai pas encore lu les deux précédents (lacune que je comblerai dès que possible), c’est le titre (très fort) tout d’abord qui m’a interpelée et son passage à La Grande Librairie qui m’a conduite irrésistiblement chez un de mes libraires de quartier.

23 ans…

Quelle beauté, quelle force dans son écriture ! 
Et quel style mon Dieu !
Cette fille est incroyable, surprenante, bluffante. Il est vraiment difficile de s’arrêter à un seul qualificatif (lisez-la, essayez et on en reparle).

Alors oui forcément, un lieu en particulier ne pouvait que me parler : l’Asie du Sud-Est, endroit de la planète que je chéris tant.
En l’espèce, le Vietnam.
Je ne suis pas reliée à ce continent par mes origines. Je le suis par le coeur. 
Mais cela ne suffisait pas pour me convaincre, comme seul l’avis de François Busnel malgré tout le respect que je lui dois. 

L’histoire, celle de l’écrivain, est posée sur le papier qui sent bon l’encre fraîche (le livre est paru en mai 2019).
Subtile et pudique : son côté asiatique.
Avec force et une plume sublime, terriblement percutante : son côté Français. 

Un sang mêlé, pour mieux habiter le monde et la Littérature.

« Le pied droit sur l’un, le pied gauche sur l’autre »

Dans les pas de son pays d’origine.
Dans les pas de sa famille.
Dans ses pas. 
Des os. 
Ses os en forme de plume. 
Ses mots. 

Grâce à son talent de conteuse , les pages nous livrent l’histoire du Vietnam depuis 1946 et celle des femmes qui ont jalonné son jeune parcours.
L’Histoire dans l’histoire : une magnifique imbrication ! 

De sa double culture, l’écrivain essaie de répondre à des interrogations légitimes comme le déracinement et l’identité (« Pourquoi être partis ? », « Ne plus se sentir chez soi », « Se sentir étrangère ».)

C’est l’histoire d’une petite fille que l’on a déracinée sans lui demander son avis.
Elle. Et ses os. Ces os sur lesquels elle a failli y laisser sa peau.

« La petite fille exilée dû avoir recours à beaucoup d’imagination.
(…)
Mais déjà quelque chose mourait en elle : la joie »

Anorexie. 
Douloureux sujet qu’elle évoque à la fois d’une manière très intense mais aussi avec une incroyable retenue.

« Rien ne fonctionnait plus dans cet organisme en guerre »
« Elle avait froid et mal »

C’est l’histoire d’une maladie d’amour pour une terre, une ville, une maison, des personnes…

Hanoï, la région tourangeaise, Paris… 
Des os que l’on a trimballés, sans se soucier de qui les compose. 

« Elle avait quinze ans, et les bleus en héritage,
les os en héritage, la mort en héritage »

C’est l’histoire d’un amour pour la Littérature qui lui a fait « accepter » une hospitalisation nécessaire…

« Elle me sauve la vie, elle occupe mon temps,
elle m’extrait de ma guerre un instant »

Quelques allers-retours aux sources plus tard, c’est l’histoire d’une jeune femme à la recherche des failles, des interstices. Pour mieux comprendre. Pour mieux se comprendre. Pour mieux retrouver les siens. Pour mieux se retrouver. Pour mieux se libérer. 
Ou comment partir, pour mieux revenir… 

Line Papin signe ici un livre personnel, intime mais également universel quant aux sujets abordés. 
Passer du « elle » au « tu » au « je » contribue à la force dramatique du récit roman et lui confère une maturité, une distance brillamment orchestrée.

Ce livre est un cri, le sien, jusqu’à ce qu’elle retrouve la faim de la vie.

« Les os des filles » est un énorme coup de coeur.
Je recommande vivement sa lecture. 

Note de l’éditeur (Stock) : 

« Tu avais dix-sept ans alors, à peine, et tu as pris l’avion, seule, pour retourner à Hanoï. Tu vois, j’en ai vingt-trois aujourd’hui, et je retourne, seule, une nouvelle fois, sur les lieux de ton enfance. Tu es revenue et je reviens encore, chaque fois derrière toi. Je reviendrai peut-être toujours te trouver, trouver celle qui naissait, celle qui mourait, celle qui se cherchait, celle qui écrivait, celle qui revenait. Je reviendrai peut-être toujours vers celle qui revenait, vers les différents coffrets d’os, vers les couches de passé qui passent toutes ici. »