Courrensan (1977-2018)

Parfois on aimerait être une tortue afin que les lieux que l’on aime ne nous quittent jamais.

Parfois on voudrait être suffisamment fort pour ne pas ressentir cette souffrance purement matérielle mais si déchirante.

Courrensan…
Ce p’tit village du Gers que seuls les habitants connaissent, ce coin de Gascogne qui était à nous.

Courrensan…
J’y ai habité et appris à lire (avec l’accent), j’y ai passé par la suite des vacances chaque année ou bien plus de jours parfois, « Au Village », 1 rue du Lavoir, 32330, les balades avec mon Grand-Père adoré, le curé qui descendait trop vite la côte de Gondrin en BX, notre premier lapin, notre premier chat, notre seul chien, le coq dessiné par mon arrière Grand-Père maternel en guise de girouette que l’on identifiait de loin, cette route à droite de la vierge lorsque l’on vient de Montréal-du-Gers, les confettis d’un Nouvel An retrouvés pendant des années sous l’escalier, ce feu de cheminée qui me faisait tant de bien et bien d’autres choses. Tellement d’autres.

Maison familiale, maison de souvenirs en commun ou plus solitaires.
Je te savais là depuis 41 ans. Sous le soleil comme sous la pluie.
Moi qui ai mis si longtemps à savoir poser mes valises, tu auras été ma première ancre.

Courrensan…
Cette clef d’Une Vie que je ne tournerai plus jamais.

William & Simone

C’était les deux auteurs du Reading Classics Challenge du mois de septembre.

Shakespeare, je peux me vanter d’avoir tout lu (je l’adooooooooooooooooooooore depuis très longtemps) mais étant donné que je ne relis JAMAIS un livre vous me pardonnerez d’avoir passé mon tour…
Qui plus est, ma PAL étant la copie conforme de la Tour de Pise, je ne peux pas me permettre de la délaisser…

Quant à de Beauvoir, elle m’a toujours profondément ennuyée (pour ne pas dire autre chose) donc, j’avoue ne pas avoir daigné retenter une énième fois…

Tout cela pour dire que je n’ai pas volontairement séché le challenge.
J’avais juste deux excuses en béton.

Belles lectures à tous !

Attention : l’ouverture de la course à la publication commence !

Je vous aurai prévenu(e)s…

Vous êtes à la limite du lost in translation littéraire parce que vous n’avez pratiquement pas vu passer de billets sur vos blogs chouchous de tout l’Eté (en revanche les selfies sur Instagram ou sur Facebook on en a soupé) ?
Vous avez même pu croire que des blogs étaient tombés en décrépitude.
WTF?!

Rassurez-vous.
Si, si : rassurez-vous j’vous dis : la course à celle ou celui qui sera la première ou le premier à publier démarre aujourd’hui !

Si vous décidez d’avoir les yeux qui louchent et la tête qui tourne, attention aux indigestions qui peuvent être funestes.

Explications : elles/ils vont en effet toutes et tous dégainer leurs « lectures originales » les « chroniques » des SP (Service Presse pour les « incultes ») qu’elles/ils ont reçus depuis des lustres mais qu’elles/ils ne pouvaient pas publier à la demande des maisons d’édition qui les avaient invité(e)s leur avaient imposé de respecter les dates de parution (bah oui hein… logique non ?! Pas pour tout le monde apparemment puisque cela frisait un rappel à l’ordre plus que nécessaire).

Mais alors se pose une question qui me taraude : ne lisent-elles/ils rien d’autre que les livres dont elles/ils se font arroser toute l’année et plus particulièrement en janvier et en juin ?
Je ne peux pas l’affirmer mais on peut le penser sans vouloir chercher la petite bête.
J’ai en effet du mal à me dire qu’elles/ils n’ont pas lu une seule ligne (vraiment choisie celle-ci) qu’elles/ils auraient suffisamment appréciée pour en parler. Le manque de publications en atteste non ?

Ce constat est malheureusement factuel.
Et il est triste. Très triste.
Pour les auteurs. Pour les livres à faire vivre. Pour la Littérature de manière générale dont ils se prévalent à outrance et sans vergogne. Et pour les libraires (les vrais).

Il m’est arrivé d’avoir honte ou de finir gênée d’être associée, en tant que « blogueuse » (littéraire mais pas que), à ce type de personnes et c’est pour cela que je continue de rester droite dans mes bottes (empruntées au chat bien sûr) et de respecter la « ligne éditoriale » que je me suis fixée.

Ce qui est dingue c’est que ces mêmes personnes s’estiment cultivées (pour peu que l’on gratte un peu, je cherche encore la profondeur des propos de certaines conversations qui me reviennent), vous prennent de haut lors d’évènements, se proclament parfois même chroniqueurs ou journalistes littéraires (carrément) comme ça par l’opération du Saint Esprit virtuel.
Mais ce n’est pas grave hein : ils sont super cools parce qu’à en juger par les réseaux sociaux ils jouissent d’un nombre d’abonnés supérieur aux 75 milles twittos + 325 mille like Facebook de Marc Lévy.

J’ai pris le parti d’en rire. Non, de m’en moquer j’avoue.
Je sais, j’abuse un peu. Mais j’aime bien disséquer ce que je constate.
Pour qui me connaît, il est clair que cette brève me démangeait depuis un moment. En vrai depuis « Etes-vous un (serial) blogueur littéraire ? » qui méritait une p’tite suite…

Dans son « Dictionnaire des idées reçues », Jacques Sterneberg a dit : “Ignorance et arrogance ne riment pas seulement, ils vont souvent de pair. »
À vos crayons ou claviers : vous avez 4h…

Mon (modeste) blog, je l’aime d’amour.
Parce que, pour ma part, je peux encore me regarder dans la glace eu égard à mes valeurs.
Qui peut en dire autant dans ce monde ou chacun tend à devenir de plus en plus imbu de lui-même ?
Je pose l@ la question.

Sur ce chères/chers « collègues » (qui se reconnaîtront parce que ça grattera là où ça fait mal), détestez-moi.
Si vous saviez (attention je vais être un chouille vulgaire) comme cela m’en touche une … (vous connaissez vos « classiques » n’est-ce-pas ? Y’a pas que la Pléiade !).

Bref, pour celles et ceux qui n’auraient pas compris entre ces lignes : j’ai décidé de boycotter à de rares exceptions près les SP et donc les RL (Rentrées Littéraires pour les « incultes » toujours).
Depuis la fin (ô combien houleuse) du Grand Prix des Lectrices ELLE, choisir les livres dans lesquels je souhaite me plonger me procure bien plus de joie et m’évitera à coup sûr de tomber dans cette aseptisation littéraire de plus en plus croissante que je regrette profondément.

Voilà : ça aussi, c’est dit.

Sur ce, belle rentrée à tous !