« Misery » (Théâtre Hébertot, Paris)

Depuis que je savais que je m’y rendrais ce mardi 25 septembre 2018 à 21h, il me tardait d’y assister…

Adapter ce livre culte de Stephen King au théâtre était un sacré pari, un putain de challenge même pouvons-nous dire (pardon), d’autant plus après le succès cinématographique mythique de  1990 dans lequel Katie Bates et James Caan avaient donné vie aux emblématiques Annie Wilkes et Paul Sheldon.

Eh bien franchement, c’est plutôt réussi, et chapeau bas à Myriam Boyer et Francis Lombrail d’avoir endossé ces rôles légendaires !

Essayez d’y aller en « oubliant » le film et mettez-vous dans l’état d’esprit « théâtre » surtout.

Promis, tout y est (enfin, le principal).

La tension psychologique sur scène est brillamment accentuée par une mise en scène visuelle fort bien trouvée et les deux comédiens ont assurément pris possession des caractéristiques principales de leurs personnages.

Je me refuse catégoriquement à préférer le film ou la pièce.
Pour moi ce sont deux adaptations tout aussi similaires que distinctes qui, par leurs aspects qualitatifs réciproques, font des deux des oeuvres du répertoire particulièrement abouties.

Je recommande vivement !

Le pitch (si tant est qu’il soit besoin ici de le rappeler…) :

« Paul Sheldon, un écrivain à succès, décide de réorienter sa carrière et, en conséquence, fait mourir l’héroïne de sa série à succès « Misery ». A la suite d’un accident, il est recueilli par Annie Wilkes, une fan qui se révèle psychopathe et l’oblige à écrire un livre dans lequel il « ressuscite » son héroïne. Peu à peu le huis-clos tourne à la menace mortelle pour l’écrivain qui cherche toutes les solutions pour échapper à sa tortionnaire. »

Théâtre Hébertot
78 bis Boulevard des Batignolles
75017 Paris
Métro : Rome
(du 19 septembre 2018 au 6 janvier 2019)

Un GRAND MERCI renouvelé à Xavier qui se reconnaîtra.

NDLR. Si vous souhaitez dîner avant, je vous recommande vivement le restaurant que ma cousine et moi avons testé hier au soir : Les Poulettes Batignoles (10 rue de Cheroy, Paris 17e) à deux minutes à pieds du théâtre. Nous nous sommes régalées !!

« Edmond » (Théâtre du Palais-Royal, Paris)

Rappelez-vous : il m’avait enchantée avec « Le porteur d’Histoire » …
J’avais raté « Le cercle des illusionnistes » (mais pourquoi diantre ?! )
Je suis donc allée voir « Edmond » hier après-midi et je me suis RÉ-GA-LÉE !!!

C’est imaginatif, poétique, intelligent, fin, bien pensé,  bref c’est FORMIDABLE !

Alexis Michalik fait revivre Edmond Rostand et tout ce qui fait le charme du  XIXe siècle en l’espace d’1h50.
C’est drôle, émouvant et j’en suis resortie absolument sous le charme de cette genèse théâtrale de « Cyrano de Bergerac » où il est question d’inspiration, de désir, de liberté, d’Amour…

Que ce soit la mise en scène, les comédiens, les costumes, les décors, les jeux de lumières et la musique, TOUT est réussi.
Et les p’tites références actuelles parsemées comme il faut sont des plus succulentes.

J’ai, comme qui dirait, eu l’impression d’avoir assisté à une représentation, une vraie, comme pour « Much ado about nothing » au Shakespeare Globe Theater à Londres (« So London« ).
Qui plus est dans LE PLUS JOLI des temples parisiens qu’est le Théâtre du Palais Royal !

Cet acteur, comédien et metteur en scène franco-britannique a décidément le don pour nous transporter dans ce que cet Art peut faire de mieux à mes yeux…

Vous l’aurez compris : JE RECOMMANDE VIVEMENT !

« 12 hommes en colère » (Théâtre Hébertot, Paris)

Aux États-Unis, un jury de douze hommes doit statuer sur le sort d’un jeune homme accusé de parricide, à l’unanimité selon le droit local en vigueur.
S’il est jugé coupable, c’est la chaise électrique qui l’attend…

Pour celles et ceux qui ne connaîtraient pas, je n’en dis pas plus exprès !

Une mise en scène sobre qui sied à merveille au côté huis clos étouffant des délibérations…
Des comédiens tous profils très bien castés, au jeu impeccable…

Je vous encourage vivement à aller voir cette nouvelle adaptation théâtrale de ce drame judiciaire réalisé pour la première fois par Sidney Lumet en 1957 !

Un GRAND MERCI à Xavier qui se reconnaîtra.

« Des écrivains parlent d’argent » (Théâtre de Paris)

Du GRAND, du TRES BON Luchini (comme toujours ai-je envie de dire) pour tous ceux qui, comme nous, l’apprécient.

Des textes toujours aussi admirablement bien choisis dans lesquels il mêle  (comme il sait si bien le faire) l’actualité politique agrémentée d’une pointe d’auto-dérision.

Ou comment donner un coup de jeune (si tant est que cela soit nécessaire) à Péguy, Marx, Hugo, Freud, Céline, La Fontaine et tant d’autres…

35 mn de pur bonheur en plus (la durée initiale est de 1h30).
Hier au soir c’était la Première, et c’est déjà un triomphe !

Pour ceux qui n’avaient pas, comme nous, réservé 6 mois avant, c’est (malheureusement pour vous) complet…

« Eloquence à l’Assemblée » (Théâtre de l’Atelier)

Putain.
C’était quelque chose !
Et puis étant donné le contexte politique français, il y a comme une résonance…

Imaginez : Joey Starr, rappeur, producteur et acteur sur la scène du petit Théâtre de l’Atelier.

Sa voix si particulière qui résonne dans toute la salle, vous ne l’oublierez jamais. Il habitera les murs à tout jamais.
Quant à sa présence, je savais qu’il en imposait mais là franchement, chapeau bas.
Sans oublier son art d’apostropher le public comme il sait le faire.
Tout cela associé aux sublimes mise en scène de Jérémie Lippmann et scénographie de Jacques Gabel rendent le tout terriblement réussi.

Alors oui il s’est repris plusieurs fois (toute première sur les planches), mais là n’est pas le principal et ce n’est pas gênant sur l’ensemble. Il porte le verbe tellement haut qu’on ne peut que lui pardonner. C’est même émouvant. Le naturel est souvent désarmant…
Parce que je peux vous affirmer qu’Hugo et Olympe de Gouges (Robespierre, Lamartine, Jaurès, de Gaulle, et j’en passe) venant des entrailles de cet homme hors norme, ça l’fait grave.

Bref comme qui dirait, c’est d’la dynamite !
Et je confirme ce que mentionne le Théâtre de l’Atelier sur son site parce que je ne trouve pas mieux comme formule :

« On entend le peuple gronder dans sa gorge… »

Si vous faites partie des chanceux qui ont réussi à se procurer des places, vous avez eu du nez étant donné le peu de promotion qu’il y a eu.
Pour les autres, vous raterez une prestation unique et une heure de pur bonheur de sens de la formule et de mots fort à propos que l’on n’entend malheureusement plus assez.