« Tout n’est pas perdu » de Wendy Walker…

Si l’idée d’être dans la tête d’un thérapeute a pu me plaire de prime abord, mon intérêt est malheureusement retombé comme un soufflet.

J’avoue en effet m’être arrêtée aux alentours de la page 120 : trop de redondances, pas suffisamment profond psychologiquement parlant sur le fond (le coeur du sujet pourtant) et surtout coupable déjà trouvé ! (suspicion vérifiée et contrôlée en lisant les dernières pages – oui je sais, ce n’est pas bien – ). 

J’ai appris à m’octroyer le droit d’abandonner un livre au profit d’un autre étant donné la taille de ma PAL.

Il trouvera certainement ses lecteurs…

Note de l’éditeur (Pocket) :

« Alan Forrester est thérapeute dans la petite ville cossue de Fairview, Connecticut. Un jour, il reçoit en consultation une jeune fille, Jenny Kramer, qui présente des troubles inquiétants. Celle-ci a reçu un traitement post-traumatique afin d’effacer le souvenir d’une abominable agression dont elle a été victime quelques mois plus tôt. Mais si son esprit l’a oubliée, sa mémoire émotionnelle est bel et bien marquée.
Bientôt tous les acteurs de ce drame se succèdent dans le cabinet d’Alan, confiant leurs pensées les plus intimes, laissant tomber le masque, et faisant apparaître les fissures et les secrets de la ville en apparence si tranquille… »

« La collection » (Les Bouffes du Nord, Paris)

Hier au soir, c’était théâtre !

« La collection » plus précisément, texte d’Harold Pinfer (écrivain Prix Nobel de Littérature en 2005, dramaturge et metteur en scène britannique) aux Bouffes du Nord.

Un peu d’Histoire au passage, cela ne fait jamais de mal…
Construit sur les fondations d’une caserne, il a été commandé à l’architecte Emile Leménil pour devenir un café-concert.
Il a été inauguré en 1876.
Music-hall après la Première Guerre Mondiale, il a été laissé à l’abandon au fil des ans, menacé de destruction puis fort heureusement restauré par Peter Brook et Micheline Rozan qui ont eu le bon goût de le laisser « dans son jus » comme j’aime à dire.
Il est inscrit « monument historique » depuis 1993.

Ce théâtre est de fait un lieu particulier d’où se dégage une vraie atmosphère, une âme comme je les apprécie.

Mais revenons à nos moutons… 

Une femme.
Trois hommes.

« La collection » est une pièce intrigante, énigmatique, ambivalente, insidieuse sur la possibilité ô combien infinie des réalités, des vérités plurielles.
Si j’ai pu douter de la mise en scène une fois sortie, la nuit a dû m’éclairer parce que j’ai changé d’avis : elle distille finalement à merveille l’absurdité de ce poison humain qu’est la suspicion de la trahison, le soupçon, le(s) doute(s) et pose la délicate question de la confiance.

Chapeau bas aux comédiens qui ont interprété leurs rôles à la perfection : Mathieu Amalric, Valérie Dashwood, Micha Lescot et Laurent Poifrenaux.

Vous avez jusqu’au 23 mars pour en profiter !

« La promesse de l’ange » de Frédéric Lenoir & Violette Cabesos…

Vendredi 15 février dernier, j’ai visité pour la première fois de ma vie « Mon  Mont Saint-Michel ! »

Force est de constater que le lieu m’a happée.
Depuis ce jour, je n’arrive pas à l’oublier.
Un peu comme un coup de foudre amoureux si vous voyez ce que je veux dire…

C’est mon amie Carole alias Lucilius qui m’a parlé de ce livre, et elle a bien fait.
Encore merci à elle.

Deux écrivains.
Un livre.
Deux histoires.
Un fil conducteur (que je préfère volontairement taire de crainte de trop le dévoiler), du Moyen Âge jusqu’à nos jours.

Incroyablement documenté et fort bien écrit, Frédéric Lenoir et Violette Cabesos nous immergent dans la construction du Mont et nous tiennent en haleine avec une intrigue terriblement envoûtante.

Lutte de pouvoirs, amours interdits, congrégations, normands, bretons, meurtres et j’en passe…

Les écrivains nous plongent avec érudition dans un Mont moins connu et à l’accès limité si vous ne faites pas partie de l’élite en la matière.
Leur tour de force ? Faire ingurgiter aux lecteurs autant de références archéologiques et historiques sans les dégouter par le truchement d’une histoire au souffle romanesque sans pareil menée à la perfection du début à la fin.

627 pages de bonheur littéraire.

Belle lecture à tous !

Note de l’éditeur (Albin Michel / Livre de Poche) :

« Rocher battu par les tempêtes, lieu de cultes primitifs sanctifié par les premiers chrétiens, le Mont-Saint-Michel est loin d’avoir révélé tous ses secrets. Au début du XIe siècle, les bâtisseurs de cathédrales y érigèrent en l’honneur de l’Archange, prince des armées célestes et conducteur des âmes dans l’au-delà, une grande abbaye romane.
Mille ans plus tard, une jeune archéologue passionnée par le Moyen Âge se retrouve prisonnière d’une énigme où le passé et le présent se rejoignent étrangement.
Meurtres inexpliqués, amours périlleuses, secrets millénaires… sur le chemin du temps, de la passion, de l’absolu, la quête de Johanna la conduit inexorablement aux frontières d’un monde dont on ne revient pas indemne. »

« I am I am I am » de Maggie O’Farrell…

Je vous le révèle d’emblée : ce livre a été un vrai bonheur de lecture !

La traduction de Sarah Tardy est une pure merveille, et cela a  contribué à mon plaisir sans aucun doute.

Maggie O’Farrell n’en est pas à sa première publication, mais pour ma part je ne l’avais jamais lue.
Je rattraperai assurément mon « retard » en la matière.

Nous avons affaire ici à une autobiographie dont la construction est follement originale et peu conventionnelle.
Elle est volontairement éclatée, que ce soit dans le temps et dans les illustrations qui figurent avant chaque chapitre.

« Dix-sept rencontres avec la mort »

Nous avons tous frôlé à un moment ou à un autre la mort, de manière très différente.
C’est ce que nous propose l’écrivain : elle évoque en effet des souvenirs sur le fil du rasoir, diverses façons d’avoir échappé au pire.

Ces pages forcent le respect et incitent le lecteur à VIVRE de la façon la plus complète, la plus entière possible.
Malgré tout le tragique qui s’en dégage, c’est une ode viscérale à la vie, à l’inattendu.

« I am I am I am » ce sont des émotions, des sensations, des réflexions à nulles autres pareilles.
J’ai ressenti ces lignes, au sens strict du terme. Un peu à l’image du « Parfum » de Patrick Süskind lu il y a fort longtemps, bien que très différent : olfactivement concernant ce dernier, corporellement celui-ci.

C’est un livre à part, qui aura une place de choix dans mes bibliothèques.

Belle lecture à tous !

J’ai eu l’occasion de rencontrer l’auteur en petit comité grâce au Picabo River Book Club (Léa) et Belfond.
Un grand merci renouvelé à eux !!

Note de l’éditeur (Belfond) :

« Après le succès d’Assez de bleu dans le ciel, Maggie O’Farrell revient avec un nouveau tour de force littéraire. Poétique, subtile, intense, une œuvre à part qui nous parle tout à la fois de féminisme, de maternité, de violence, de peur et d’amour, portée par une construction vertigineuse. Une romancière à l’apogée de son talent.
Il y a ce cou, qui a manqué être étranglé par un violeur en Écosse.
Il y a ces poumons, qui ont cessé leur œuvre quelques instants dans l’eau glacée.
Il y a ce ventre, meurtri par les traumatismes de l’accouchement…
Dix-sept instants.
Dix-sept petites morts.
Dix-sept résurrections.Je suis, je suis, je suis.
I am, I am, I am. »

« North & South »

Je ne fais pas référence ici à la mini-série historique américaine de 1985, 1986 et 1994 (que j’avais d’ailleurs appréciée à l’époque au passage) mais à la britannique qui date de 2004 et qui est adaptée du roman éponyme d’Elizabeth Gaskell publié en 1855.

Si elle est romanesque à souhait et l’atmosphère typiquement british, l’histoire évoque également et surtout ai-je envie de dire la dure réalité économique et sociale vécue par le Nord du territoire, l’immigration irlandaise et la révolution industrielle à travers les filatures de coton.

Les deux personnages principaux (Margaret Hale et John Thornton) ne sont pas sans rappeler Elizabeth Bennet et Mr Darcy de Jane Austen.

Bref, c’est un régal ! (en tout cas pour les amoureux du genre comme moi)

Synopsis (Wikipedia) :

« Dans les années 1850, Margaret Hale et ses parents abandonnent le presbytère de Helstone, dans le sud de l’Angleterre pour Milton, une ville manufacturière du Nord où Mr Hale, qui a décidé de quitter le clergé officiel, est assuré de trouver un emploi de professeur. La famille s’efforce de s’adapter aux coutumes difficilement compréhensibles pour elle, de la ville industrielle, entrant en relation avec les riches et entreprenants Thornton, propriétaires d’une importance manufacture de coton.

John Thornton, le patron, devient l’élève et l’ami de Mr Hale, mais se heurte à Margaret, scandalisée par son intransigeance et la misère dans laquelle vivent les ouvriers. Elle, de son côté, devient l’amie de Bessy Higgings, une ouvrière de son âge, et de son père, un responsable de l’Union qui programme bientôt une grève longue et dure. Mais la grève se termine dramatiquement et la succession de deuils qui accable Margaret l’éloigne de Milton.

L’intrigue amoureuse entre la fière Margaret, pleine de préjugés contre le Nord, et le charismatique Thornton, chevalier de la jeune industrie cotonnière, se noue dans le cadre d’une grande fresque industrielle où l’amitié et les relations familiales ont aussi leur rôle à jouer. »