« Djenkafo » (Espace Beaurepaire, Paris)

Djenkafo, ou « ce que l’on dit à 2 » …
Voici ce que le mot signifie en Dioula, langue d’Afrique de l’Ouest.

Ce n’est donc pas surprenant si deux ans après leur première collaboration à la Galerie 38 à Paris (« Vernissage exposition…« ), Stéphanie Ledoux et Maud Villaret remettent ça à l’Espace Beaurepaire dans le Xe arrondissement de la Capitale !

Elles se complètent encore à la perfection et nous proposent de nouvelles et sublimes créations à quatre mains à côté de leur propre travail individuel.

C’est coloré. C’est multi-supports, multi-matières. On voyage. C’est beau !

Les deux femmes sont assurément non seulement auréolées de leur génie artistique respectif mais aussi animées d’un partage métissé au bout de leurs crayons, pinceaux et aiguilles.

J’étais au vernissage le 29 novembre dernier.
Vous avez jusqu’à dimanche pour aller les admirer !

Espace Beaurepaire
28 rue Beaurepaire
75010 Paris

« Faire danser les gens » de Fred Rister…

#FDG , ou la musique en « infra-veineuse » (les connaisseurs comprendront et apprécieront; les autres reviendront vers moi pour les explications)…

Avouons d’emblée que je souffre d’une culture musicale assez pauvre (disons que ma playlist n’est pas aussi « avouable » que celle de Mon Brun). Je craignais du coup que ce livre ne soit pas du tout pour moi.
Alors faites ce que j’ai fait : sortez de votre zone de confort le cas échéant et plongez-vous dans ce que vous ne connaissez peut-être pas parce qu’au final nous avons tous esquissé des mouvements bougé (grave) nos popotins et/ou chantonné perdu nos voix sur « I Gotta Feeling » (et bien d’autres tubes planétaires : « Love Don’t Let Me Go » , « Love Is Gone » …).

C’est l’histoire d’un p’tit gars du Nord, d’un homme de l’ombre qui s’est battu et qui se bat toujours pour tenter de réaliser tous ses rêves…

Emprunt d’une justesse naturelle et bien écrit (jolie surprise), les lignes ne souffrent d’aucun bling-bling, pathos ou autre chose qui pourrait déranger le lecteur malgré les noms évoqués et le sujet.

Un p’tit miracle se produit à la lecture et j’espère que Fred Rister ne fera pas danser les anges trop vite…

Note de l’éditeur (Editions Séguier) :

« Je suis de Malo-les-Bains, près de Dunkerque. Fils d’ouvrier tranquille, je décrochai un BP de coiffure, gagnais ma vie, j’étais aimé de mes parents et bien sûr, quelque chose me manquait. C’est au Stardust, la boîte mythique de La Panne, assis dans la cabine du DJ, que quelque chose changea. La musique, cette musique, me percuta pour la vie. Ça doit être ça, une « vocation », et trente ans plus tard des célébrités m’embrassaient, je me retrouvais en haut des classements mondiaux, ceux des ventes de disques, et je voyais la planète entière danser sur mes tubes ! Cette musique ? Je fais de l’électro pop music. La plus controversée – et méprisée – de la musique actuelle. Mais la plus populaire, aussi. Une œuvre existe dès lors qu’elle est lue, vue, écoutée – ici, je rivalise avec Ravel ! Alors n’allons pas écrire qu’un homme sût croire en son « destin » ou je ne sais quelle connerie. J’ai subi neuf cancers. Je suis le plus célèbre des inconnus. Je travaille avec plaisir pour les autres sans chercher leur gloire. Et je n’ai pas quitté le Nord comme jamais je ne renierai ma musique. Il n’y aurait pas d’autre façon de se trahir. De se mentir. De se tuer. »

Fred Rister est un DJ et producteur de musique électro pop français. Il a co-écrit et co-produit plusieurs des grands tubes planétaires de David Guetta, dont les hits Who’s That Chick et I Gotta Feeling avec les Black Eyed Peas. Ils reçoivent ensemble en 2011 le Grammy Awards de la Meilleure Chanson Dance de l’année pour When Love Takes Over.

J’ai eu l’occasion de rencontrer Fred Rister lors de la séance de dédicace organisée à la Librairie Idéale à Paris mercredi soir.
Un beau moment. Il n’est en effet pas avare du temps accordé aux personnes qui viennent le voir et il est d’une humanité rare…

Ce livre se lit autant qu’il s’écoute.
Carole Madelon-Marie a créé LA playlist à offrir en parallèle à vos oreilles sur Spotify.

Outre cette auto-biographie, il est à rappeler que le 16 mars dernier est sorti dans tous les bacs le titre « I want a miracle » (#IWAM).

Que ce soit pour le single ou le livre, sachez que Fred Rister reverse l’intégralité des ventes à Kidney Cancer Association.

#fuckcancer

Le Moustache Café (Paris)

Ma visite date de juillet dernier.
Hum hum…
Mieux vaut tard que jamais pour vous en parler non ?

Donc, si vous êtes comme moi,  un(e) ailurophile convaincu(e), ce café est pour vous !

Quelques félins sont chez eux à demeure, mais la majorité sont à adopter via diverses associations.
C’est LA BELLE CAUSE au-delà du concept désormais bien connu en France des « bars à chats ».

Les deux jeunes femmes aux commandes (des soeurs) vous accueillent sympathiquement et vous proposent une carte gourmande (petite restauration).

On s’y sent vraiment bien.

C’est un endroit lumineux, chatleureux comme je les aime et terriblement bien pensé pour le bien-être des matous et des humains (ils ont une mezzanine dédiée où eux seuls peuvent aller : espace repos, litières…).

Chatpprouvé donc, et chatpeau bas Mesdames !

J’y retournerai avec beaucoup de plaisir même si j’ai deux poilus exceptionnels à la maison.

Le Moustache Café
10 Rue Raymond Aron
75013 Paris

06 70 57 85 91

« Des Mots de Contrebande, (aux inconnus qui comme moi…) » d’Alain Cadéo…

Voilà.
Il est 1h21.
Plus aucun bruit si ce n’est la douce respiration des poilus à mes côtés.
Je viens de refermer « Des Mots de Contrebande, (aux inconnus qui comme moi…). Quel titre sublime !

Alain Cadéo est un grand homme de Lettres comme on n’en a malheureusement plus beaucoup.
Alain Cadéo, c’est notre nouveau Cyrano !

Ces lignes se prêteraient à des lectures par l’écrivain lui-même dans un théâtre, une librairie, un salon de thé…
A bons entendeurs !

Au-delà des mots, nous sommes à mes yeux en présence de la langue française dans toute sa splendeur. Celle que j’aime et qui a construit la personne que je suis.

Avec ce recueil de billets le lecteur entrera dans l’intimité d’un écrivain, ce qui fait son essence, son encre…
Il plongera dedans comme il le souhaite : soit de manière très policée les uns après les autres, soit de manière désordonnée ou plutôt choisie en fonction de ses envies.
Et surtout il les laissera infuser, comme il se doit.
Il fera aussi attention à ce qui est en italique, si poétique pour peu que l’on se prête au jeu d’assembler les morceaux…

Les mots et leurs significations.
Les mots et leurs sens.
Les mots et leurs conséquences.
Les mots et leurs comportements.
Les mots et leurs silences.
Les mots et leur beauté.

C’est un objet rare et donc précieux que l’on a entre ses mains, un de ces livres de chevet dont on s’imprègnera, encore et toujours et qui ne cessera jamais de nous accompagner.

Alain Cadéo est un magnifique passeur de réflexions, d’émotions.
A nous de savoir les recevoir, les faire vivre, les partager, les transmettre.

Belle lecture à tous !

Note de l’éditeur (La Trace) :

« Ces petits mots, ces intentions, ces billets, sont destinés à celles et à ceux qui, ne se connaissant pas, font partie de la même famille éparpillée : les affamés d’azur.

Nous, mendiants de la lumière, tendant la main pour des piécettes de partage, menue monnaie de notre joie, ce que nous cherchons c’est de pouvoir, sans aigreur ni amertume, poursuivre notre quête, nous rassembler autour des « mots de la tribu ».

Là, dans la caverne aux mille reflets de nos têtes, devant un bon brasier de phrases crépitantes, compagnons retrouvés nous tenant chaud, enfin ne nous ne serons plus seuls… »

« Par le vent pleuré » de Ron Rash…

Une couverture qui ne peut pas laisser indifférent et un titre aussi énigmatique que beau tiré d’un roman de Thomas Wolfe pour la version française (rien à voir avec celui en anglais « The risen » qui veut dire « Le ressuscité » et que j’aime beaucoup aussi)…

On oscille entre le passé et le présent dans la peau d’Eugene.
Des ossements retrouvés dans la rivière de la ville qu’il n’a jamais quittée, Sylva (Caroline du Nord), vont lui remémorer sa relation avec une fille au prénom énigmatique, Ligeia, qu’il avait partagée avec son frère Bill et qui avait disparue aussi soudainement qu’elle était apparue.

Au-delà de l’histoire, une réflexion laissée à l’appréciation du lecteur sur la famille (ses rivalités, ses secrets), l’adolescence, les libertés insufflées par la période hippie… sur l’emprise, la force et la faiblesse de destinées construites sur des non-dits et des mensonges.
Sans oublier les paysages, les éléments, éternels et sublimes sujets de la littérature américaine.

Lu dans le cadre du #PicaboRiverBookClub (auteur et titre choisis pour le mois de novembre), ce livre irrésistiblement envoûtant qui se dévore (trop) vite est tout simplement MAGNIFIQUE.

Belle lecture à tous !

Note de l’éditeur (Points – Seuil) :

« Dans une petite ville paisible au cœur des Appalaches, la rivière vient de déposer sur la grève une poignée d’ossements, ayant appartenu à une jeune femme. Elle s’appelait Ligeia, et personne n’avait plus entendu parler d’elle depuis un demi-siècle.

1967 : le summer of love. Ligeia débarque de Floride avec l’insouciance et la sensualité de sa jeunesse, avide de plaisirs et de liberté. C’est l’époque des communautés hippies, du Vietnam, de la drogue, du sexe et du Grateful Dead. Deux frères, Bill et Eugene, qui vivent bien loin de ces révolutions, sous la coupe d’un grand-père tyrannique et conservateur, vont se laisser séduire par Ligeia la sirène et emporter dans le tourbillon des tentations. Le temps d’une saison, la jeune fille bouleversera de fond en comble leur relation, leur vision du monde, et scellera à jamais leur destin – avant de disparaître aussi subitement qu’elle était apparue.

À son macabre retour, les deux frères vont devoir rendre des comptes au fantôme de leur passé, et à leur propre conscience, rejouant sur fond de paysages grandioses l’éternelle confrontation d’Abel et de Caïn. »

A noter la traduction de qualité d’Isabelle Reinharez.