Fêter l’Eté avec Catherine Cusset…

Hier en fin de journée avait lieu à la Galerie Gallimard la remise du Prix de « L’Eté en Poche des Blogueurs » à la lauréate Catherine Cusset pour son livre « L’autre qu’on adorait ».

C’était la troisième fois que je la rencontrais.
Je la trouve toujours aussi humaine, accessible et proche de ses lecteurs.
Elle était ravie et émue que ce livre très personnel ait été apprécié et primé.

Un cocktail a été proposé par toute l’équipe du Grand Prix des Blogueurs Littéraires et Folio, que je remercie vivement.

Je reviendrai dans ce lieu d’exposition ouvert depuis novembre dernier et que j’ai pris plaisir à découvrir en marge de l’évènement.
Il offre plusieurs accrochages par an.

 

Palmarès des Grands Prix ELLE 2018 et……………………….

Hier a été rendu public le palmarès des Grands Prix ELLE 2018.

Le matin, le jury du Grand Prix des Lycéennes a récompensé « Et soudain, la liberté » d’Evelyne Pisier & Caroline Laurent.

Et soudain, la liberté Evelyne Pisier Caroline Laurent Editions Les Escales

Le soir, le jury du Grand Prix des Lectrices (dont je faisais partie) a distingué :
– dans la catégorie Roman : « La salle de bal » d’Anna Hope
– dans la catégorie Essai : « Les passeurs de livres de Daraya » de Delphine Minoui
– dans la catégorie Thriller : « Les chemins de la haine » d’Eva Dolan

La maison Guerlain, quant à elle, a mis à l’honneur Karina Hocine, Editrice et Directrice Générale des Editions Lattès.

La soirée de remise du Prix a eu lieu dans les très beaux Salons France-Amérique à Paris hier au soir.
Mis à part le fait d’avoir pu échanger avec Anna Hope (accompagnée de sa formidable éditrice Marie-Pierre Gracedieu) et Delphine Minoui de manière bien sympathique (Eva Dolan était absente), j’avoue que je me suis levée ce matin avec un goût d’écoeurement profond concernant cette soirée.
J’ai beaucoup hésité à le coucher sur le clavier et puis je me suis rappelée ce qui fait, je pense, l’intérêt de mon blog : l’honnêteté (à laquelle je suis très attachée).
Je pensais qu’après une aventure littéraire de neuf mois, nous pourrions avoir (enfin) de vrais échanges avec les principales organisatrices (que je ne citerai pas parce que tout le monde les connaît). Naïvement je me trompais. A part des sourires de circonstances, je n’ai pas ressenti la moindre considération. Pire même : un profond mépris.
Au-delà des paillettes, j’ai très vite compris pourquoi on nous obligeait à porter des badges bien reconnaissables et remis dès notre arrivée : pour mieux nous parquer (je n’ai pas d’autre mot) dans une salle annexe à celle principale de la remise du Prix qui grouillait d’éditeurs, de leurs équipes, de journalistes, d’auteurs pour la plupart « bancables » et autres invités people. Nous n’avions qu’un simple écran pour suivre la soirée que nous étions pourtant censées vivre « en direct ». On nous avait tout de même vendu un peu de rêve à la base…
Personnellement après avoir subi cela, j’ai pris la poudre d’escampette après m’être frayée un chemin (non sans mal étant donné le monde) vers la sortie. Je ne voulais pas en éprouver davantage, tout simplement. Ce type d’évènement ne m’intéresse pas sans intéractions intellectuelles dignes de ce nom et je me fiche de boire du champagne pour la galerie. Je n’étais pas là pour ça (Ah bon ?! Eh ben non).
Ce microcosme est particulièrement violent lorsque l’on n’en fait pas partie.  Je le savais mais les personnes concernées me l’ont rappelée d’une façon bien amère.
Mon seul bonheur avant ma fuite ? Avoir pu féliciter et converser un peu avec la traductrice d’Anna Hope, Elodie Leprat.

Du coup cela plombe mon avis sur cette aventure qui s’est achevée.
Outre la soirée finale, les mises en avant de certaines qui ont pris un melon de dingue ont beaucoup gâché les choses côté échanges et rapports humains aussi. C’est dit.
Ce que j’ai apprécié (pour tenter de rester sur du positif) ? Les différentes catégories et la diversité de nationalités des écrivains à lire. Sans oublier la gentillesse des auteurs et le temps qu’ils nous ont accordées lors des rencontres. Ca, c’est à souligner, oui.

Je suis ravie qu’Anna Hope, « l’espoir montant des lettres britanniques » (Tirhankar Chanda, RFI, Les voix du monde), monte sur la première marche avec son deuxième très beau roman.
Je me rends compte que je me tourne de plus en plus vers la Littérature Etrangère, qui semble plus combler ma soif de lectrice.

Très contente également pour Delphine Minoui dont « les passeurs de livres de Daraya » méritaient de prendre encore plus de lumière eu égard au courage qu’ils ont eu et qu’ils ont encore.  C’est très mérité.

Quant au polar, ce n’était pas mon préféré mais il était très intéressant pour son côté « social ». Eva Dolan, anglaise de son Etat, est un auteur à suivre.

Au final je me dis que c’est un très beau podium, sans aucun doute non attendu par certaines -toujours les mêmes- (qui suivent un peu trop la mode des écrivains  hyper connus à aimer obligatoirement) et cela me comble d’autant plus. C’est dit aussi.

Pour le reste, c’est à oublier. Très vite !

Belles lectures à tous si ce n’est pas déjà fait.
Les livres, c’est bien le plus important…

Oui je prends le risque que cette brève ne plaise pas.
Oui je prends le risque d’être photoshopée en quelqu’un d’autre sur la photo de groupe qui sera publiée dans un des prochains ELLE.
Oui je prends le risque de ne plus être invitée (en même temps ce n’est pas leur style d’une année sur l’autre).
Mais je ne vois pas ce qui m’obligerait à passer sous silence la triste réalité. Et puis si cette brève peut servir à changer en mieux des comportements afin que ce Prix retrouve toute son essence, alors j’en serai ravie. 

« Portraits et impressions de voyage » de Truman Capote…

De Truman Capote j’avais déjà lu « De sang-froid » (je ne tenais pas encore de blog à cette époque) paru en 1965. Roman de non-fiction (on parle désormais de « true crime ») qui avait eu pour origine un sinistre fait divers (deux jeunes truands avaient tué sans mobile apparent quatre membres de la famille  d’un fermier à Holcomb au Texas), ce dernier fit de lui un écrivain  légendaire devenu tellement mondain qu’il marqua aussi sa déchéance.
Est passé également entre mes mains « Breakfast at Tiffany’s » of course qui ne m’a pas laissé un souvenir impérissable je dois avouer…

Le Reading Classics Challenge du mois de mars m’a fait choisir ce recueil, beaucoup moins connu.

La première partie dresse les portraits de différentes célébrités (peintres, acteurs, photographes et autres…).
La deuxième, trop courte (je suis restée sur ma faim), sont des impressions de voyage que l’écrivain a effectué entre Brindisi et les îles yougoslaves.

Si sur le fond on peut trouver à redire, la forme est servie par une excellente traduction de Nicole Tisserand qui met en lumière une plume humoristiquecynique à souhait et trucculente !

Note de l’éditeur (Gallimard) :

« Outre ses impressions d’un voyage effectué en 1966 entre Brindisi et les îles yougoslaves, avec une escale dans la ville de Dubrovnik et une ironique divagation sur les femmes, ce sont ici des portraits de célébrités que nous livre Truman Capote. Ainsi John Huston, Charlie Chaplin, Pablo Picasso, notamment, sont-ils brièvement campés par sa plume brillante, parfois caustique, mais toujours comique. À Elizabeth Taylor et Tennessee Williams, cependant, Truman Capote réserve presque un court récit, qui est l’histoire de ses rencontres avec chacun d’eux, échelonnées sur plusieurs années de sa vie – près de vingt ans pour l’actrice américaine qui se présente ici sous un jour inattendu, près de cinquante ans pour l’auteur dramatique qu’il connaît depuis l’âge de seize ans. La verve, la drôlerie, le disputent alors à l’attendrissement et à l’amitié. »

« Un jeune homme en colère » de Salim Bachi…

Tristan n’aime plus rien.
Plus rien ne trouve grâce à ses yeux.
Ah si ! Une personne. Une seule. Sa soeur adorée. Morte.

Un incipit percutant…
Un style direct…
Une écriture crue, sans fard, sans concession, insolente souvent, aussi drôle que dramatique, truculente assurément, cynique, parfois poétique, ultra réaliste…

Salim Bachi gratte le vernis. Là où ça fait mal.
Son livre dissèque la douleur d’un manque sur fond de critique acerbe du vieux monde et de la société actuelle avec une pincée d’auto-dérision follement irrésistible.
Tout y passe. Rien est épargné.

Dans les dernières pages on comprend ce qu’il s’est passé.
L’auteur a su évoquer une tragédie nationale, une souffrance commune à tous en une douleur plus intime, une colère justifiée que chacun aurait pu, pourrait connaître.

Si cette lecture ne plaira sans doute pas de fait à tout le monde parce que criante de vérité, pour ma part je l’ai trouvée brillante et une telle envolée fait du bien !

L’écrivain a su me bousculer comme peu de personnes réussissent à le faire (je pense à Houellebecq là !).

Si vous êtes ouvert d’esprit et que vous aimez être chamboulé(e), ce livre est pour vous.

Une chose est sûre aussi : ces lignes m’ont donné envie de découvrir les précédentes publications de Salim Bachi.

Belle lecture à tous !

Note de l’éditeur (Gallimard) :

Tristan, le narrateur, a dix-huit ans. Rien ou presque ne trouve grâce à ses yeux dans le monde d’aujourd’hui. Sa mère est une snob ; son père, écrivain à succès, ne produit selon lui que des nullités. Il est en colère contre tout : les livres, les peintures, les filles…
D’où vient cette révolte qui s’exprime dans un langage très savoureux, à la fois cru et raffiné? On le devine peu à peu : Eurydice, la sœur bien-aimée de Tristan, est morte à Paris dans des circonstances tragiques. Sous le soliloque radical et rageur contre l’époque, ses hypocrisies et ses faux-semblants, affleure le chant d’amour à ce qui est perdu.

Encore un GRAND MERCI à C.D qui se reconnaîtra…

« Vie de David Hockney » de Catherine Cusset…

Ecrit sans avoir rencontré ni parlé à David Hockney, Catherine Cusset réussit la prouesse de dresser un portrait à la fois personnel et artistique des plus vivants !

Pour avoir eu le plaisir de discuter avec elle, elle s’est extrêmement documentée, a lu tout ce qui le concernait…
Un travail de recherches de titan donc, des plus aboutis.

Le lecteur prend un plaisir certain à suivre l’écrivain dans les pas de l’Artiste, au point d’agrémenter sa lecture de recherches sur la toile dès la mention d’un tableau.

A titre d’exemples : 

Ce jeu littéraire et artistique entre la fiction et la réalité est fascinant.
On découvre au fil des pages un David Hockney combatif, passionnément amoureux, parfois très seul malgré tout et son succès, irrésistiblement libre

Récompensé par le joli Prix Anaïs Nin, gageons que ce livre connaîtra le succès qu’il mérite en France, outre Manche et all over the world.
Il m’a donné envie qui plus est de me plonger dans les autres oeuvres de l’auteur.

Belle lecture à tous !

Note de l’éditeur (Gallimard) :

«Peut-être n’éprouverait-il plus jamais de passion comme celle qu’il avait sentie pour Peter, peut-être n’y aurait-il plus d’union parfaite, mais il restait la perfection de l’amitié, la beauté des cyprès sur les collines et la joie que donnait le travail. Et s’il oubliait Peter, s’il réussissait à vivre sans lui, ce dernier ne reviendrait-il pas? Personne n’était attiré par la tristesse et la mélancolie. Mais par la gaieté, la force, le bonheur, oui.»
Né en 1937 dans une petite ville du nord de l’Angleterre, David Hockney a dû se battre pour devenir un artiste. Il a vécu entre Londres et Los Angeles, traversé les années sida et secoué le monde de l’art avec une vitalité et une liberté que n’ont entamées ni les chagrins amoureux, ni la maladie, ni les conflits, ni le deuil. Sous la plume incisive de Catherine Cusset, ce livre à mi-chemin du roman et de la biographie dresse un portrait intime, émouvant, habité, du peintre anglais vivant le plus connu.